HUMEUR...

Troïka allemande?

Document présenté par John Paul Lepers, regarder à partir de 6' 30''

Où l'on voit l'hypocrisie du gouvernement allemand qui dénonce l'attitude de Syriza tout en ayant participé activement à la destruction de l'économie de ce pays via le pillage de son patrimoine (au profit, majoritairement, d'intérêts allemands)

Vox Pop | ARTE

La troïka, aujourd'hui récusée par la Grèce, a mené durant cinq ans une action dans ce pays. Son bilan est très critiqué, d'autant plus que ses décisions ont profité à de grandes entreprises étrangères, surtout allemandes - Entretien avec José Manuel Barroso, ancien président de la Commission européenne - Le boom des chefs japonais dans la gastronomie française.

Quand donc les braves gens seront à même de ne plus avaler les bobards véhiculés dans leurs médias préférés?


 

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A voté!

Ayé.

http://terangaweb.com/wp-content/uploads/2012/07/multinationales-300x297.jpgLa démocratie nous a autorisé de voter pour un candidat mis sur la place publique par des partis politiques. Candidats à leur propre succession, faisant fi dans la plupart des cas de l'avis des militants et des adhérents, en ce qui concerne les poids lourds de la politique française.
Candidats issus de la famille associés à des candidats-alibis, histoire de placer des pions pour l'avenir en ce qui concerne le FN.
Candidats de gauche écolos revendiquant une autre forme de scrutin pour les élections à venir.

En attendant, le résultat est là.
De vieux machins, professionnels de la politique, voire des gangsters, rempilent (la retraite, connaissent pas).
D'autres se retrouvent au chômedu (mais font confiance à leurs réseaux pour retrouver une situation digne de leur rang).
Des guignols sont propulsés par d'autres guignols (marre de trouver des excuses aux électeurs du FN) à des fonctions de potiches.
Et les candides humanistes sont renvoyés à leurs rêves sans autre forme de procès...

Puis c'est le défilé des têtes pensantes dans les médias au soir même des résultats: "on a gagné, on n'a pas perdu, on se maintient, on réalise un beau score" mais jamais "on s'est pris une belle baffe dans la gueule" suivi de "à la demande du peuple français nous changeons radicalement de politique pour répondre à son attente". Non mais, faut pas déconner! C'est pas eux qui décident!

Chers électrices, chers électeurs, nous avons l'honneur de vous informer que vous nous avez élus mais c'est pas nous qui tirons les ficelles. Désolés. Messieurs Gattaz, Pinaut, Arnault, Bolloré, Bouygues, Nestlé, Kellogs, Coca-Cola, Mc Donald's, Samsung (entre autres) et les émirs du Qatar ont pris note de la nouvelle composition de leurs représentants dans les institutions de la république française et nous allons immédiatement faire allégeance afin de poursuivre au mieux la politique d'austérité nécessaire au bon fonctionnement des entreprises multinationales qu'ils gèrent et qui régissent la mondialisation en marche.

Voyez-vous, chères électrices et chers électeurs, le bon fonctionnement de l'économie mondiale a besoin de stabilité sociale pour ronronner sans avoir besoin de faire appel à un régulateur disons, plus "musclé". Aussi nous sommes reconnaissants aux 50% de Français qui ont daigné s'amuser avec nous lors de ces deux tours de scrutin. Quant aux 50 de mauvais joueurs, nous gardons un oeil sur eux afin qu'ils n'aient pas l'idée saugrenue de mettre un grain de sable qui perturberait ce si bel ordre mondial que nous avons su préserver.

Nous espérons sincèrement qu'aux prochaines régionales, qu'à la prochaine présidentielle vous serez encore plus nombreux à venir mettre un joli papier dans la boîte à la mairie de votre quartier, de votre village. Il y va de votre liberté.


 

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Alla riscossa!


Vu hier soir la dernière production de "Premières Lignes", présentée par Lise Lucet "Cash Investigation", une émission qui nous entraîne dans le "monde merveilleux des affaires".

Enquête rondement menée dans les circuits très opaques empruntés par les investisseurs mondiaux à la recherche de toujours plus de profits immédiats quitte à laisser sur la paille les êtres humains sans lesquels leur business ne pourrait se faire. Sanofi, Samsonite, Pages Jaunes, de bons exemples qui montrent ce que provoquent comme malheurs (pour les uns) et comme richesse (pour les autres) le grand casino planétaire où jouent sans vergogne les fonds de pension et les spéculateurs en costume d'investisseurs. 56 milliards d’euros de dividendes distribués en 2104 par les entreprises du CAC 40 et 5 millions de chômeurs au bas mot.
Un gouvernement socialiste qui offre aux entreprise du CAC 40 un crédit d’impôt de 20 milliards d’euros via le CICE et 40 milliards d'euros via le pacte de responsabilité (même à celles qui n'en ont pas besoin)!
Et tout ça pour leur faciliter l'embauche! On croit rêver alors que leur seul souci est "d'optimiser" leurs bénéfices par le dégraissage et la vente de certaines de leurs filiales. À ce propos, restez attentif à ce qui est dit des LBO (rachat d'entreprise par endettement) dans l'émission. Quand vous aurez compris la manip, peut-être, alors, vous interrogerez-vous sur la disposition de la toute nouvelle loi Macron qui exonère de toute participation financière un groupe industriel dont une de ses filiales est en incapacité de financer un plan social...

Trêve de bavardage, regardez cette émission si vous ne l'avez pas encore vue (lien ci-dessous).

Quand les actionnaires s'en prennent à nos emplois

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France 2 s'engagerait-elle dans l'éducation populaire?
Juste après "Cash Investigation", place à "Infrarouge" qui démontre comment la famille de Wendel, notamment le baron Ernest-Antoine Seillière, a modifié le groupe industriel en un empire financier. Nous retrouvons là aussi un éclairage sur ce que sont ces fameux LBO qui font le bonheur des anciens maîtres de forges. (lien ci-dessous)

La dynastie Wendel

Que dire?
Le monde est entre les mains de la finance et de ceux qui en disposent. Ceux-ci n'ont aucune humanité dans la conduite de leurs affaires et sont prêts à sacrifier sur l'autel de la misère les "pue la sueur" que nous sommes, sans aucun état d'âme, si leurs intérêts le commandent.

Alors, les salamalecs de nos politicards fantoches... Les ronds de jambe de nos syndicalistes girouettes... Poudre aux yeux, effets de manches et discours creux.
Rien ne sera possible tant que ces engeances tiendront le pouvoir. D'où, en premier lieu, le nécessaire et salutaire coup de balai qui ne pourra se concrétiser que lorsque le peuple l'aura décidé. Nos camarades grecs nous montrent l'exemple Et ils ont fort à faire pour lutter contre des institutions internationales qui ne voient pas d'un bon oeil leur arrivée dan le concert des "entre soi"; qui doivent monter, seuls, au créneau de l'Europe; et qui doivent, par dessus le marché, se justifier auprès des gaucho-sceptiques bien au chaud dans le confort de leurs certitudes.

Ne comptez pas sur moi pour défiler une nème fois dans la rue ce 9 avril.
J'ai plus envie de faire rigoler les maîtres du monde.


 

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L'hallali...

 

Yannis-Auch4-jlg_01Un Grec est venu nous parler des Grecs, de ce qu'ils vivent, de leurs espoirs.
Libertaire, poète, philosophe, engagé dans une multitude de causes, d'actions et de créations, Yannis Youlountas est le prototype du citoyen-militant conscient de la fragilité de sa liberté. (voir sa biographie ICI et son blog ICI).

L'Alternative, le Front de G'Auch a eu la bonne idée de faire venir cet homme nous donner une version différente de ce que peuvent nous déverser quotidiennement les médias bien pensants à propos de la "capitulation de Syriza"... Car, pour l'heure, rien n'est plus important pour les "chiens de garde" que de médiatiser la "capitulation de Tsipras" devant la volonté inébranlable des Merkel, Juncker, et autres Troïka. "Tsipras a fait en Grèce comme beaucoup d'hommes politiques en France: raconter n'importe quoi en campagne et faire demi-tour après" tweet ce bon Jean-Michel Aphatie. En matière de "raconter n'importe quoi", ce monsieur n'a de leçon à recevoir de personne! Il illustre bien la campagne de dénigrement engagée au lendemain de la victoire de Syriza.
Syriza aurait dû sortir la Grèce de l'ornière en huit jours! Syriza, avec les 2% que représente la Grèce de la production annuelle européenne aurait dû, déjà, faire plier FMI, BCE et Commission européenne! Syriza, seul, sans aucun soutien d'une des nations qui composent l'Europe, aurait dû, déjà, répondre pleinement aux objectifs de son programme électoral!
Tant de haine et de mauvaise foi ne se sont pas déchaînées après le virage à 180° d'un certain François Hollande au lendemain de son élection. ... après que le Parti Socialiste eût renié ses aspirations à plus de justice sociale...

Yannis Youlountas remet les choses en place. Les débats qui ont lieu actuellement au sein de Syriza à propos de la stratégie à adopter, prenant en compte les souhaits du peuple grec (qui ne souhaite pas sortir de l'Euro par ex) existaient déjà bien avant son arrivée au pouvoir. Il s'agit, pour l'heure, et parce que les prédateurs sonnent l'hallali, de gagner du temps en tenant bon sur les promesses d'améliorer les conditions de vie des gens. Tsipras ne doit pas perdre le soutien populaire. Pas question de voir son pays s'effondrer par manque de liquidités. Les mesures en faveur des plus démunis, notamment la fourniture d'électricité gratuite à des familles dans le besoin, l'accès gratuit aux services de soins, la distribution de coupons d'aide alimentaire et de transport, le maintien à son taux actuel de la TVA, les pensions de retraites maintenues, les conventions collectives rétablies, ce sont là des mesures qui touchent à la réalité de ce que vivent la plupart des Grecs, des mesures qu'attendent immédiatement les plus démunis et Dieu* sait s'ils sont légion...
Le gouvernement grec a maintenant 4 mois pour préparer les batailles à venir et pour mettre en place un plan de lutte contre la corruption et la fraude fiscale.
* il doit pas savoir...

Merci à Yannis Youlountas d'être venu apporter un éclairage bien différent que ce que nous soumettent chaque jour les médias grand public.

Je vous conseille de lire l'analyse de Jean-Luc Mélenchon sur ce sujet (voir ICI)


 

Posté par Sitting Bull à 11:54 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

Yannis Youlountas à AUCH


A l'occasion du lancement de sa campagne pour les élections départementales, "l'Alternative,  le  Front  de  G'Auch", vous  invite  à une  soirée  débat  en présence  de  Maud  et  Yannis Youlountas  autour d'extraits  de leur nouveau film : Je lutte donc je suis!

Le Mercredi 25 février 2015 à 18h30 au 1er étage du Mouzon à Auch

La projection du film sera suivie d'un débat en présence des réalisateurs etd'un casse croûte convivial.

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"Nous avons remporté hier une bataille, mais pas la guerre. Les difficultés, les vraies difficultés, et non seulement celles qui s’attachent à la négociation et aux relations avec nos partenaires, se trouvent devant nous." (A.Tsipras)

Allocution d'A. Tsipras à la suite de l'Eurogroupe ICI

Cinq mensonges sur la dette grecque ICI


 

 

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Il faut qu'ils se ressaisissent

 

150217-49-3-valls-loi-macron-chimulusVoilà de fortes paroles qui font plaisir à entendre... en effet, il est grand temps que le gouvernement accepte un débat de fond sur sa politique économique et sociale, que les membres du gouvernement se ressaisissent et reviennent vers les promesses du candidat Hollande!

Nan... je déconne. Ce bon Bruno Leroux s'adresse aux "frondeurs" du parti socialiste qui ont l'outrecuidance de se méfier de la "loi Macron".
Pensez! Hamon demande à Valls que des règles précises figurent dans la loi pour assurer un minimum de rémunération aux futurs travailleurs du dimanche. Et l'autre de maintenir que ces discussions salariales auront lieu après... au niveau des branches... des entreprises... peut-être... Ben, oser interpeller sa sérénité de 1er ministre sur ce thème suffit à se ramasser une volée de bois vert de la part des seconds couteaux du parti socialiste. Le Foll devient fou et voit rouge euh... non, c'est pas la couleur adaptée...

Cette "loi Macron", vous savez ce que c'est?
D'abord, officiellement, elle s'appelle "loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques". Ça a quand même de la gueule!
Montebourg, le prédécesseur de Macron au poste de chef de l'économie de la France, en parlait en termes d'augmentation du pouvoir d'achat pour les Français. Macron préfère les termes d'activité et de croissance, ce qui convient tout de même mieux à Gattaz et au MEDEF.
La peine d’emprisonnement associée au délit d’entrave au fonctionnement des institutions représentatives du personnel est supprimée. Autrement dit, un patron voyou n'a plus aucune crainte d'aller tâter de la paille des cachots. Parallèlement, le montant de l’amende pénale est majoré de 3 500 à 7 000 euros. Ce qui n'effraie pas outre mesure les entreprises et leurs dirigeants dont les tire-lires, prêtes à dégainer, sont bien au chaud aux îles Caïman...
Avec l’article 101, ce n’est plus un groupe industriel qui doit indemniser les salariés en cas de redressement judiciaire mais l’entreprise. Un groupe peut en toute légalité mettre une de ses filiales sur la paille, tant pis pour les salariés de la dite filiale. Du grand art!
Et l'article 34 de la loi Macron? C'est-y pas une mesure de gauche ça? "Actuellement imposable à l'impôt sur le revenu selon les règles de droit commun applicables aux traitements et salaires, la valeur de ces actions sera désormais imposée selon les principales modalités applicables aux plus-valeurs mobilières". Derrière ce verbiage de bonimenteur, les titulaires d'actions gratuites peuvent être reconnaissants à l'ancien banquier qui leur fait économiser quelques 900 millions qui échapperont au fisc. Rassurez-vous, on va bien dégotter une t'ite taxe afin que ces cochons de payants que sont les contribuables viennent remédier au manque à gagner de Bercy. 

Les notaires vont pouvoir prendre l'autocar pour aller bosser le dimanche. Tu parles d'une affaire! Tandis que les guignols censés nous représenter amusent la galerie avec leur "projet de loi" et ses amendements, la marche en avant des profiteurs du système capitaliste ne s'encombre pas de ce genre de péripéties. Nos amis grecs en savent quelque chose.

Vu récemment "L'enquête", le film retraçant le parcours de Denis Robert tout au long de l'affaire Clearstream. Pas mal fichu, le film. Il remet bien en mémoire les acteurs et les temps forts de cette histoire hors normes pour le commun des mortels. Au sortir de la séance, il y a comme un sentiment nauséeux qui prend le dessus... dans ce panier de crabes, les crabes sont rois. "Tous pourris" sanctionne mon camarade André. Il n'a pas tout à fait tort... Parce que la pourriture est la vedette du film qui, rappelons-le, est tiré d'une réalité bien crasse. Et les péripéties de la petite loi Macron n'apparaissent finalement qu'agitation stérile destinée à masquer ce qui se trame dans l'ombre, bien à l'abri des regards.


 

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Là-bas si j'y suis!

 

2015-02-10_10h43_00

 

Là-bas si j'y suis


 

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Dans quel monde vivons-nous?

 

no-future

Des fous furieux zigouillent à coups de kalachnikov ceux qui les indisposent, d'autres de la même engeance coupent des têtes sans aucun état d'âme. Ceux-là font la "Une" des gazettes et télés internationales. Ceux-là ont droit à l'indignation des chefs d'État et des gouvernements occidentaux.
Un jeune homme est embastillé et condamné à recevoir 1000 coups de fouet, une femme est décapitée en public. Ces deux-là se font très discrets aux "grand'messes" de 20h et à la Une de nos gazettes. Ces deux-là n'ont sans doute pas envoyé de faire-part de leur situation au pays des rois du pétrole.

Pourtant, qu'est-ce qui justifie cette différence de traitement?

Des êtres humains sont victimes d'une barbarie sans nom. Tous les Êtres Humains de la planète devraient dénoncer et combattre la sauvagerie des auteurs de ces actes.
Ben non, d'un côté nous avons affaire à des terroristes sanguinaires et de l'autre à une royale-démocratie dont le monarque, "de façon très discrète, était un fervent défenseur des femmes" comme le dit si joliment Mémère... Et, sans doute, le discret partisan d'un baume à appliquer sur les blessures du fouet...

De part la planète, les contradictions où la vie des hommes et des femmes n'ont que peu d'importance au regard "d'intérêts supérieurs" sont légion.
Pas besoin d'aller plus loin pour mettre en évidence la face sombre de l'être humain. Je déplore qu'elle sorte toujours vainqueur de cette lutte incessante entre le Bien et le Mal. Et à la fin c'est toujours le ... qui gagne.

Le temps qu'il reste de mon passage sur terre me permet encore un optimisme de façade.
Quand pourra-t-on dire sans erreur possible: "No future"?


 

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Mes chers élèves

TELERAMA 16 janvier 2015

imagesPrendre son temps, observer, comparer, lire, apprendre, critiquer, s'exprimer… une enseignante du XXIe siècle invoque les Lumières pour aider ses élèves à ne pas céder à l'obscurantisme.

Fanny Capel est professeur de lettres au lycée Paul Eluard à Saint-Denis, celui dans lequel un (faux) colis piégé « je ne suis pas Charlie » a été déminé la semaine dernière. Hospitalisée, elle n'a pu être là pour expliquer à ses élèves le sens à donner à ces événements. Alors elle leur a écrit une lettre avec les mots que beaucoup de parents auraient sans doute aimé que leurs enfants entendent au lendemain de cette tragédie.

Fanny Capel est membre du Collectif Sauvez les lettres et collaboratrice occasionnelle de Telerama. Elle est l'auteure de Profs… et fier de l'être ! et Qui a eu cette idée folle un jour de casser l'école ?

« Mes chers élèves, Comme vous le savez sans doute, je suis contrainte par des soucis de santé de vous quitter plus tôt que prévu. Je ne pouvais pas le faire sans vous souhaiter toute la réussite possible au lycée, du bonheur dans votre vie personnelle et de belles émotions de lecture…

Cette lettre a aussi un autre but, plus important encore à mes yeux. Après les événements tragiques de la semaine écoulée, je ne peux pas rester muette vis-à-vis de vous. Pas seulement comme enseignante, mais aussi comme citoyenne, comme être humain, tout simplement.

Par-dessus tout, je regrette de ne pas avoir pu mener avec vous l'étude du mouvement des Lumières que j'avais prévu de commencer en cette rentrée. J'espère que vous avez compris que ce n'est plus aujourd'hui un thème scolaire poussiéreux, mais bien une aveuglante question d'actualité.

Les Lumières attaquées

Les “Lumières”, c'est ce qui a été attaqué, avec le massacre perpétré au journal Charlie Hebdo le matin du mercredi 7 janvier, quand les assassins ont crié “on a vengé le prophète Mahomet”.

Cela voulait dire que pour eux, on n'a pas le droit de se moquer de la religion, que cela mérite la mort. C'est donc exactement le contraire des valeurs inventées et portées par le mouvement des Lumières, que la France depuis la Révolution française, quand elle est devenue une République, a adoptées, des valeurs pour lesquelles on continue de se battre au péril de sa vie partout dans le monde. Car les Lumières ce n'est pas un idéal français, ce n'est pas même pas un idéal européen, ce sont des valeurs universelles – pour lesquelles on lutte, vit et meurt partout dans le monde, dans les pays occidentaux ET dans des pays musulmans (en Russie comme en Tunisie, récemment, des journalistes ont été tués parce qu'ils incarnaient la liberté d'expression).

Je voulais en quelques mots, à travers cette lettre, résumer ce que j'aimerais que vous reteniez de ce cours sur les Lumières, si j'avais pu le conduire avec vous. Ce n'est pas un cours “express”, mais quelques graines que je sème… et que vous saurez peut-être faire fructifier en vous, je l'espère.

Une fois n'est pas coutume, j'accompagnerai ma parole de quelques dessins, en hommage aux dessinateurs assassinés. Un dessin en dit souvent aussi long qu'un discours. “Oser penser”, telle est la devise des Lumières au XVIIIe siècle (c'est Kant, un grand philosophe allemand de l'époque, qui l'a formulée ainsi). Cela veut dire penser par soi-même, ne pas laisser les autres penser à sa place, ces “tuteurs” (dit Kant) qui nous enferment dans des pensées toutes faites au nom de notre bien. Penser par soi-même, cela implique de vérifier les faits avant d'en parler, et de réfléchir avec sa raison, pas avec des émotions spontanées. C'est un travail difficile, qui prend du temps, qui exige des efforts.

“Qui peut se permettre de ‘venger’ le prophète comme s’il ne pouvait pas se défendre seul ?”

Par exemple, tout le monde parle au nom du Coran, mais qui l'a lu en entier (en arabe du VIIe siècle, bien sûr, puisque c'était la langue du prophète Mahomet) ? Et qui peut se permettre de le maîtriser complètement, alors que des érudits qui l'ont épluché pendant toute leur existence, et depuis des siècles, ne sont toujours pas d'accord sur le sens de certains passages (c'est évidemment la même chose pour tous les textes religieux) ? Qui peut se permettre de “venger” le prophète comme si le prophète (et ne parlons pas de Dieu lui-même !) ne pouvait pas se défendre seul ? Vous ne trouvez pas cela d'une prétention sans nom, de la part de ces prétendus “fidèles” qui prennent une arme pour tuer au nom de leur Dieu ?

Tout le monde aussi parle de Charlie Hebdo, mais qui parmi vous avant le drame connaissait ce journal, le lisait régulièrement, qui connaissait son histoire et ses dessinateurs, ses rédacteurs, et leurs motivations ? Là encore, c'est l'ignorance qui est meurtrière. Saviez-vous ce que signifie exactement un “journal satirique” (la satire, qui est bien différente de la “moquerie”, du “blasphème” ?), ou l'esprit “libertaire”, ou l'“anticléricalisme” ? Vérifier les faits et choisir bien ses mots, pourchasser toute forme d'erreur grâce à la raison, c'est-à-dire prendre son temps, observer, comparer, avant de conclure, de parler ou d'agir (c'est pourquoi j'aime tant le silence en classe !), ne pas suivre aveuglément une rumeur, un mouvement de foule, une mode, un gourou, un copain qui semble plus savant que vous, et même un parent ou un prof…

Bien vérifier le sens et l’origine des mots

Mieux connaître pour mieux réfléchir, c'est donc le premier travail que nous demandent les Lumières. C'était le but de l'Encyclopédie, qui avait l'ambition de rassembler toutes les connaissances disponibles, et de les offrir au plus grand nombre. Aujourd'hui, dans le flot de paroles et d'informations dont nous sommes inondés à travers les médias et les réseaux sociaux, il est encore plus urgent de bien vérifier le sens précis, l'origine de tous les mots qu'on utilise : “islam” et “islamisme”, “terrorisme” et “fondamentalisme”, “guerre” et “djihad”, “arabe”, “juif”, “musulman”, “laïcité”, “liberté”, etc. Tous ces mots qu'on mélange et qui peuvent créer tant de malentendus fatals, tous ces mots vides, déversés, amplifiés, repris à la folie, quand n'importe qui raconte n'importe quoi, et que des centaines de “twittos” “retwittent” des sottises…

Il est important de connaître la géographie, l'histoire, la réalité non seulement du pays dans lequel on vit, mais aussi des pays sur lesquels on fantasme, à travers les médias. C'est un travail énorme, quotidien. “Oser penser”, et se forger une opinion sur des bases solides, c'est donc le premier défi des Lumières. Le second, qui découle du premier, c'est de permettre à tout être humain d'exprimer sans peur ce qu'il pense. Une fois qu'on est assez sûr de la justesse de son opinion, on doit pouvoir exprimer absolument tout ce qu'on pense, sans aucune limite. Et pour que cela fonctionne, il faut faire un effort encore plus difficile. Se mettre à la place de l'autre. Admettre que l'autre peut penser différemment de soi-même.

Une troisième valeur inventée par les Lumières, c'est la tolérance. C'est, par exemple, quand on est croyant, se mettre à la place d'un non-croyant (et vice versa). Le non-croyant a le droit de dire que Dieu n'existe pas. C'est pour cela qu'il n'existe pas de blasphème pour le non-croyant, car comment offenser quelqu'un qui n'existe pas ? Le croyant a aussi bien sûr le droit de dire que l'opinion du non-croyant le choque, qu'il n'est pas d'accord. Tout le monde avait le droit de dire que Charlie Hebdo n'était pas drôle, tout le monde avait le droit de ne pas le lire, et même de lui intenter un procès (et d'ailleurs les adversaires de Charlie Hebdo ne s'en sont pas privés…). La tolérance, c'est le droit de combattre des idées, pas des personnes.

"On ne peut pas mettre sur le même plan

des crayons et des kalachnikov"

C'est ce que faisaient les dessinateurs de Charlie Hebdo. Engagés, ils luttaient avec leurs plumes, avec leur humour. Là encore, les mots nous piègent. Il y a “combat” et “combat”, “guerre” et “guerre”, “armes” et “armes”. On ne peut pas mettre sur le même plan des crayons et des kalachnikov. Tuer, persécuter l'autre parce qu'il ne partage pas les mêmes idées que soi, cela s'appelle le fanatisme. Les philosophes des Lumières ont défini clairement ce qu'était le fanatisme, et l'ont pris pour cible – Voltaire appelait cela “l'Infâme”, il signait d'ailleurs toutes ses lettres par ce mot d'ordre : “Ecrasons l'Infâme” ! A l'époque, il s'agissait surtout du fanatisme catholique (l'Eglise pourchassait non seulement les libertins athées, mais aussi les jésuites, les protestants, tous ceux qu'elle considérait comme “hérétiques”, et pouvait les exécuter pour cela – faites-moi le plaisir de lire ou de relire le chapitre VI de Candide !).

Aucune religion n'est à l'abri du fanatisme, car le fanatisme n'est qu'une autre forme de la folie, qui atteint des êtres malheureux ou faibles d'esprit – déjà Molière nous avait prévenus avec son Tartuffe. Vous vous souvenez ? Orgon, fanatisé par Tartuffe, est fier de dire qu'à force d'aimer le Ciel, il regarde “comme du fumier tout le monde”, jusqu'à sa propre famille… C'est ce que devaient ressentir les fanatiques qui, au fil de ces trois jours sanglants que nous venons de vivre, ont tué des journalistes, des policiers, des juifs, parce qu'ils les considéraient comme du “fumier”.

Je relis l'article “Fanatisme”, de Voltaire : “Ce sont d'ordinaire les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains. Ils ressemblent à ce vieux de la montagne qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu'ils iraient assassiner tous ceux qu'il leur nommerait.” On dirait que ce vieux Voltaire a écrit cela en parlant de nos assassins d'avant-hier, non ?

Voilà à peu près ce que j'aurais voulu vous dire de vive voix. Malgré tout, je ne sais pas si j'aurais eu la force de vous parler de tout cela, car je me sens en deuil à titre personnel. Je ne sais pas si j'aurais eu la force de voir en salle des professeurs le faux colis piégé “Je ne suis pas Charlie”, ou d'entendre certains de vos camarades dire que “à Charlie, ils l'avaient bien cherché”. Permettez-moi pour finir cette lettre de sortir du cadre du cours, et de vous livrer un témoignage plus intime.

“Charlie Hebdo” : une famille intellectuelle

Je suis issue d'une famille abonnée à Charlie Hebdo depuis le premier numéro en 1970, bientôt trois générations, et j'ai l'impression d'avoir perdu des proches avec Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Oncle Bernard, Honoré. Je ne les connaissais pas personnellement, mais ils étaient pour moi une famille intellectuelle, une famille d'élection (celle qu'on se choisit, parce qu'on partage des valeurs justement). Exactement comme certains écrivains morts depuis des siècles sont pour moi des amis. Chalie Hebdo, c'était le rire de résistance, qui tache mais ne tue pas, qui attaquait à grands coups de dessin malpolis et souvent “pipi-caca-sexe” (on appelle ça l'humour paillard), à coups de trognes grotesques, et aussi de textes stylés, féroces mais jamais méchants, l'armée, les églises, les excès du pouvoir, la guerre, la lâcheté des forts écrasant les faibles, l'ignorance, bref la bêtise humaine partout où on peut la débusquer.

Charlie nous faisait rire du pire, même de la mort. Je parle au passé, j'espère qu'ils seront nombreux à reprendre le flambeau, même si, je le crains, plus personne ne peut être Charlie comme eux.

J'écris cette lettre au moment où des millions de personnes à Paris, en France, sur la planète, marchent fraternellement sous la bannière “je suis Charlie”. Je suis Charlie, ça veut dire aujourd'hui je suis musulman, juif, chrétien, athée, français, humain. C'est un mot de fraternité, une autre valeur cruciale des Lumières. Vous vivez un événement unique, qui fera date dans l'histoire de la France et peut-être du monde. C'est dans ces occasions-là qu'on grandit, qu'une conscience de citoyen se forge. Ne laissez personne penser à votre place. Lisez, apprenez, critiquez, exprimez-vous avec des armes solides : votre raison, votre savoir. C'est le sens de votre présence au lycée.

Mes chers élèves, pour filer la métaphore jardinière, si j'ai pu être un peu votre “tuteur”, il faut maintenant se passer de tuteur, comme les rosiers qui finissent par pousser tout seuls. Je prendrai évidemment de vos nouvelles…

Votre professeur de lettres, F. Capel »


 

Posté par Sitting Bull à 08:28 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

Démocratie locale...

J'étais en train de rédiger ce topo quand est tombée la triste nouvelle.
Mes copains dessinateurs (que je n'ai jamais rencontrés) ont été rayés de la carte par deux fous furieux. J'en ai encore la nausée.
Je n'en dirai pas plus sur le sujet. Trop de peine...

Juste ça:

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Ça yest, c'est plié.
Le 29 décembre au soir, à l'unanimité et à la dérobée entre Noël et Nouvel An, comme un seul homme, le conseil municipal de Castelnau Barbarens a voté la vente du terrain de l'ancienne tuilerie au promoteur social "Le Toit Familial de Gascogne".

Rappel des faits.

Castelnau, village de caractère, subissait, depuis qu'elle avait fermé dans les années 60, la présence des ruines envahies de ronces de l'ancienne tuilerie. Une "verrue" au pied du village.

tuilerieLa tuilerie avec, en arrière plan, le village

Par la passé, les conseils municipaux qui se sont succédés ont cherché à acquérir ces terrains afin de faire disparaître cette "tache". L'achat a pu se faire en 2010 sous le mandat de la précédente équipe municipale. Enfin nous allions pouvoir raser les "moignons" de ce qui subsistait de l'usine locale.

La première idée des élus a été de favoriser l'installation d'un café-restaurant, établissement que de nombreuses personnes trouvaient "de manque" depuis la fermeture en 2006 du café "La Diligence". La municipalité a pris en charge la construction de ce qui est devenu "Le Bistrot de la Tuilerie". Catherine et Julien en assurent la gérance. "Un bel emplacement, près de la route, mais aéré, avec vue sur l'arrière-pays - dont la belle cité et sa tour-clocher médiévale" (Le Petit Journal).

Restait en suspend le devenir d'environ 4000 m².

Des "illuminé(e)s" ont proposé que la population soit consultée afin qu'elle émette des idées et se prononce sur ce qui pourrait advenir de cet emplacement situé idéalement au pied du village. À cette époque, un projet de construction d'habitations avait germé dans la tête d'élus et, dès lors, pas question de consulter les Castelnausiens qui (les ignares incultes!) rejetteraient tout projet de logements sociaux. Seul les élus (les "gradés" notamment!) savent ce qu'il est bon de faire en lieu et place de leurs électeurs. Les quelques idées de contre-proposition émises par deux ou trois élus n'ont même pas donné lieu à discussion.
"Ils ont été élus pour penser et décider à la place des administrés" ai-je même entendu de la part de certaines personnes!

La campagne des élections municipales 2014 fut entachée de "l'affaire des logements de la tuilerie" (voir ICI). 4 Castelnausiens dont deux adjoints sortants firent les frais de la mégalomanie d'Abraracourcix. S'en suivit un climat qui laisse encore des traces au sein de la population.

À l'issue des élections (voir ICI), avec une équipe municipale sur mesure, le projet d'habitations de l'ancienne tuilerie reprit du poil de la bête.

2010: 13 élus ont voté pour l'acquisition des terrains de l'ancinne tuilerie.
2014: 15 élus ont voté pour les revendre illico.

Des Castelnausiens ont créé l'association "Sauvegarde et Avenir de Castelnau" afin de renouer le dialogue avec la municipalité dans le but de permettre une véritable consultation de la population en sachant que l'association:

1.  n’est en aucun cas opposée à la construction de logements sociaux sur le territoire de la commune
2.  s’oppose, par contre, à la construction de ces logements sur le site de l’ancienne tuilerie
3.  propose une étude de réhabilitation des logements vides de la commune

4. n’approuve pas  la revente d’un terrain du patrimoine communal

tuilerieManifestation le 6 juin 2014 sur le site (voir ICI)

Voilà présentées les motivations de l’association et de ses membres depuis la création du collectif de l’ancienne tuilerie.
L'association n'a eu droit qu'à des non-réponses assorties de « leçons » de démocratie et de morale.
Les membres de l'association ont été qualifiés de « fauteurs de trouble » cherchant à polémiquer pour diviser la population.

Les jeux sont faits.
Nous demandons aux Castelnausiens de garder en mémoire que les membres de l’association et les signataires de la pétition ont tout fait pour que la démocratie locale puisse s’exercer en donnant la parole à la population sur un sujet aussi important.

En cette matière, beaucoup de chemin reste à faire...


Posté par Sitting Bull à 11:06 - - Commentaires [3] - Permalien [#]