C'est écrit sur la maison du peuple à Marinaleda.

p06_sanchez_gordilloLes assemblées citoyennes de Marinaleda rassemblent la population de ce petit village d'Andalousie. Et réunir pratiquement chaque semaine une majorité des citoyens de Marinelda, c'est un tour de force que doivent envier nombre de nos conseils municipaux qui ne voient guère se retrouver,chaque mois, les seuls élus dont certains traînent les pieds...

Marinelda a occupé l'espace médiatique il y a quelque temps. Pensez! Juan Manuel Sánchez Gordillo et les habitants remettent en cause le système capitaliste en occupant et exploitant les terres agricoles en friche du domaine Las Turquillas, propriété publique dont le ministère de la Défense n’utilise que 20 des 1 200 hectares.
"La terre n'appartient à personne et les fruits à tout le monde !" est le cri de ralliement des paysans andalous. Dans la foulée une coopérative de conserves de légumes voit le jour. "Dans la partie collectivisée de Marinaleda le salaire des travailleurs, quel que soit le poste qu’ils occupent, est de 47 euros par jour pour six heures et demie de travail ; soit 1128 euros par mois. Une paye de quelques euros supérieure à celle généralement pratiquée dans la région. Le plein emploi est la règle à Marinaleda. Le village ne connaît pas le chômage et depuis une dizaine d’années, la production est à son maximum." (Jamel Balhi)

Je vous invite à lire le récit de Jamel Balhi sur son blog. Il s'est rendu à Marinaleda et témoigne de la réalité de ce village de 2700 habitants qui a décidé "qu'un autre monde est possible".

Pourquoi je vous parle de Marinaleda?
Parce que Pujadas n'en parle pas. Aphatie n'en a rien à faire que Juan Manuel Sánchez Gordillo et le secrétaire général du syndicat SAT, Diego Cañamero, soient embastillés dans des geôles espagnoles. Calvi ne fera pas un "Mots croisés" sur l'aventure des citoyens de Marinaleda.

"Ils disent que je suis dangereux. Et les banquiers qui sont disculpés après avoir fraudé ? Ils ne sont pas dangereux ? Et les banques qui empruntent à la BCE à 1 % et revendent cette dette aux Espagnols à 6 %, ce n'est pas dangereux ?"
Ils ont décidé que seuls Juan Manuel Sánchez Gordillo et Diego Cañamero sont dangereux. "Le capitalisme, c’est vendre à des gens qui n’ont pas d’argent, des produits dont ils n’ont pas besoin"... Ces paroles, de nos jours, vous mènent tout droit en prison. Et pour museler toute velléité de révolte, le gouvernement espagnol et le parlement, dominé par une majorité absolue du Partido Popular (PP), ont décidé de durcir le Code pénal: Ils ont proposé l’insertion d’au moins 16 nouveaux délits dans le Code pénal pour réprimer la protestation sociale. (voir ici l'article de Carmela Negrete dans Médiapart).

La prostate à Pépère, la neige qui tombe en abondance, le salaire de Zlatan, les rennes du Père Noël et, à partir d'aujourd'hui les larmes de crocodile versées sur la disparition de Nelson Mandela, ont encore de beaux jours à la une de nos médias nationaux...

¡Basta Ya!