Ci-dessous un texte écrit par Thierry, militant du PG 32, suite à la visite de Jean-Luc Mélenchon à Auch

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Il est fatigué.
Les yeux rougis par le manque de sommeil.
Les traits creusés par le vent froid qui l'a assailli durant une manif toulousaine qu'il vient de suivre.
Les cernes noires provenant des batailles âpres passées et à venir.
Fatigué à l'extrême!
Et, pourtant, il serre les mains, s’enquière de la vie des gens, flatte le militantisme. Tout juste s'énerve-t-il car il pense que nous avons disposé trop de chaises pour accueillir les citoyens venus pour lui.
Nous nous réunissons à une vingtaine afin d'écouter des salariés et des parents d'enfants handicapés aux dignités bafouées. Une famille gérant un des rare institut médico-éductaif privé de France pratique l'horreur, à Condom, dans le Gers, mon Gers. Meurtris dans leurs corps, dans leurs esprits, les témoignages nous remuent jusqu'aux larmes.
Je vois l'homme se vider de toutes substances!
Un vide abyssal devant tant d'ignominies.
La réunion se termine.
Juste le temps de souffler, avant de se trainer vers la salle accueillant la réunion publique.
Un maigre sourire est esquissé lorsqu'il constate que les 250 sièges reçoivent des fesses bienveillantes et que plus d'une centaine de personnes vont rester debout pour l'écouter, Lui.
Sur la scène, il s'assied parmi les militants de la liste FdG d'Auch.
Deux femmes se serrent face au pupitre qui ne tardera pas à accueillir l'homme.
Elles sont inquiètes, peu habituées à discourir devant un public.
Elles égrènent le programme.
Elles présentent les responsables de la liste par action (eau, fiscalité communale, éducation....).
Le public applaudit devant l'espoir que suscite chaque proposition.
L'homme se détend.
Les militantes en ont fini.
Le fond a dominé une forme délicate, d'une délicatesse de mères qui a réjouie.
Le public les acclame.
L'homme se lève.
Il s'est imprégné de ce programme, de la fougue du public, de l’extrême conviction dégagée par les deux militantes.
Il revit. Une ride en moins, les cernes passant au grisâtre, il se nourrit de la verve du peuple.
Le démarrage boitille. Naturellement!
Néanmoins, les participants applaudissent: "Nous n'acceptons pas les 120 000 coupures de compteurs d'eau annuelles dans ce Pays! Une honte, que 120 000 familles françaises n'aient plus le droit à recevoir l'eau. Ce bien essentiel pour toute vie sur Terre!"
Il se nourrit de cette verve.
Plus de cernes, plus d'yeux rougis, plus de rides, le corps se dresse grâce à l'énergie que lui envoie le peuple d'Auch.
Le discours sort du "claudiquement" initial.
Et là, maintenant on retrouve l'Homme que nous connaissons.
Jean-Luc Mélenchon se nourrit de l'énergie du peuple!
Magnifique!
L'alchimie se déroulant sous mes yeux est magistrale.
Je n'arrive pas à savoir qui du peuple où de l'Homme électrise l'autre?
Un moment de réelle magie!