Gerhard Schrӧder, mars 2003 :

« Nous allons devoir couper dans les dépenses de l’État, encourager la responsabilité individuelle et exiger plus d’efforts de la part de chacun »

Macron, août2017 :

« Les plus aisés» sont tout d'abord les retraités qui bénéficient d'une pension de 1200 euros par mois pour un célibataire  (1840 euros pour un couple) »

Ben voilà, il aura fallu attendre 14 ans pour que les propos de Schrӧder trouvent en la personne de Macron un écho favorable en France.

Ah ! L’ Allemagne ! Le « modèle allemand »…
Que les Christophe Barbier et autres Dominique Seux aillent donc faire un tour au plus près des « Jobcenters » ces pendants de « Pôle Empoli » chez nous. Ils y verront des files interminables de travailleurs précaires à la recherche d’un « midi-job », d’un « mini-job » ou tout simplement venus toucher leur indemnité unique de l'aide sociale: 382 euros pour une personne seule. C'est le montant de l'Arbeitslosengeld II appelée plus souvent « Hartz IV », du nom de la réforme introduite par le gouvernement de Gerhard Schrӧder. Cette aide, perçue après 12 mois de chômage, peut être cumulée avec des emplois très peu payés, parfois un euro de l'heure, pour lesquels les cotisations sociales sont limitées.

Mais non, il leur suffit de bavasser derrière leur écharpe rouge ou derrière le micro d’une station du service public et s’esbaudir du taux de chômage en RFA clairement annoncé de 6,8%. Des années que ces chroniqueurs ne comprennent pas pourquoi la France n’obtient pas, elle aussi, des chiffres aussi spectaculaires. Jean-Michel Aphatie en devient rouge cramoisi lorsqu’il compare la situation du chômage entre nos deux pays.

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Les fossoyeurs...

Et Macron est arrivé !

Macron, le chantre de la « social-démocratie moderne », l’adepte inconditionnel du manifeste signé en juin 1999 par Schrӧder et Blair stipulant : « un travail à temps patiel ou un emploi faiblement rémunéré valent mieux que pas de travail du tout, parce qu’ils facilitent la transition du chômage vers l’emploi ». Pénélope ne dirait pas mieux.

Macron est arrivé avec ses cinq ordonnances tel le toubib s’apprêtant à terrasser le mal qui ronge le malade. Cinq ordonnances inspirées du « Hartz IV » mentionné plus haut. Rappelons toutefois, ce que nos chroniqueurs radio-télé ne vous dirons jamais, que le dit Hartz a été condamné en 2007 à deux ans de prison avec sursis et à 500 000 euros d’amende pour avoir « acheté la paix sociale » chez Volkswagen en arrosant des membres du comité d’entreprise de pots de vin. Nous n’avons, pour notre part, qu’une banale Muriel Pénicaud, ministre du travail, qui, à la faveur de l'annonce de la suppression de 900 emplois lorsqu’elle était DRH chez Danone, regarde le cours de Bourse monter pour en tirer profit (un gain d'environ 1,129 million d'euros, soit près de 60% de plus-value). Mais bon, tout va bien, c’est elle qui mène la réforme transformation du Code du Travail et qui nous explique tranquillement les efforts que nous devons accepter pour « sauver la France » !

Et, pour relancer l’économie française, le gouvernement REM ou LREM, voire LRM, toujours en veine de créativité, songe à modifier (c’est beaucoup mieux que réformer) le SMIC. Ben oui ! Les retraites, le Code du Travail, c’est bien joli mais faut pas s’arrêter en si bon chemin. Un groupe de travail chargé de « réfléchir » au sujet vient d’être créé. Je vous laisse découvrir les cinq nouveaux membres de ce groupe et son nouveau président sur le site de Médiapart. Il existe une véritable cohérence idéologique au sein de ce nouveau groupe d’experts, autour de l’idée que le Smic français est trop élevé et trop rigide… ça promet !

Au train où vont les choses je vais proposer à la municipalité de Castelnau un jumelage avec Egine (clin d'oeil à Liza!), histoire de parler pitance et petits boulots avec nos amis Grec(que)s lesquels, j’en suis sûr, seront de bon conseil.

Retraités et actifs aisés (rappelons, selon Macron à partir de 1200 € on est un nanti) nous allons nous faire étriller de belle manière. Pour autant, ce ne sont pas des gugusses qui sont loin de se représenter ce que peut être de vivre avec 800 € mensuels (ou moins) qui vont tenir le haut du pavé et nous traiter à coups de schlague… on est les plus nombreux.

Ils ont le pognon, on a les gens ! (Fakir)

Ce billet d’Humeur est largement inspiré de l’article du Monde Diplomatique « L’enfer du miracle allemand » que je vous conseille de lire et, au passage, profitez-en pour vous abonner, ils en ont bien besoin…