16 janvier 2009
Le mercredi de Siné Hebdo
14 janvier 2009
3 dessins, 1 texte...
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La suite 2 € chez votre marchand de journaux....
Suite à l'article de Didier PORTE, vous trouverez ICI une lettre de Benjamin, l'un des inculpés (libéré) du 11 novembre.
07 janvier 2009
Le mercredi de Siné Hebdo
7 janvier 2009
3 dessins...1 texte
MES COLLABORATEURS...par Gérard Filoche.
Quand
la novlangue entrepreneuriale veut nous faire prendre des vessies pour des
lanternes.
La
DRH m'accueille: « Bonjour monsieur l'Inspecteur, je vous
présente mes collaborateurs... »
‑ Ah bon, vous avez des gens extérieurs à l'entreprise, qu'est ce qu'ils font là, ils ne sont pas déclarés ?
‑ Mais non, bien sûr, ils sont, heu, salariés... ici, dans l'entreprise, bien sûr.
‑ Bah, alors s'ils sont salariés, pourquoi vous les appelez collaborateurs ?
‑ Mais on les appelle comme çà, ce sont des collaborateurs...
‑ Mais, madame, vous savez ce qui caractérise un contrat de travail, c'est un "lien de subordination juridique permanente". Je parle de droit. Tout salarié est "subordonné". Il n'est pas sur un plan d'égalité avec son employeur. En bonne langue française, on ne peut à la fois être "collaborateur" et "subordonné".
‑ Monsieur l'Inspecteur, on appelle ainsi nos... nos... collaborateurs, c'est une marque de respect, pour les associer, enfin, on les...
‑ Madame, excusez moi, mais je n’ai pas le mot "collaborateur" une seule fois dans le code du travail, je préfèrerais que vous restiez sur un plan juridique, de façon à ce qu'on s'entende, c'est clair un "salarié" ! Un "collaborateur", je ne sais pas bien quel est son statut...
‑ Mais enfin monsieur l'Inspecteur, si, c'est clair pour nous aussi, on a le droit d'appeler nos... nos collaborateurs comme on veut.
‑ Madame, vous faites de l'idéologie, pas du droit. S'il vous plaît, pas avec moi.
‑ Comment ça ?
‑ C'est de l'idéologie que d'appeler un salarié "collaborateur", c'est de la propagande, c'est pour lui faire croire qu'il est sur un pied d'égalité dans son contrat alors que ce n'est pas le cas. Or, en échange de sa subordination, il a des droits ! Le code du travail, c'est la contrepartie à la subordination. En supprimant la subordination, on cherche à enlever la contrepartie. On fait croire que dans l'entreprise, tous ont le même "challenge", le même "défi", que tous sont dans le même bateau... Jusqu'à ce que le patron parte avec le bateau et que le salarié reste amarré sur le quai à l’ANPE, et il s'aperçoit alors qu'il n'était pas collaborateur mais bel et bien subordonné... Or, le patron et le salarié n'ont pas les mêmes intérêts. L’un cherche à vendre sa force de travail le plus cher possible, l'autre veut la lui payer le moins cher possible.
‑ Là, monsieur l'Inspecteur, c'est vous qui faites de l'idéologie!
‑ Vous croyez ? Bon alors, je propose d'arrêter tous les deux, et pour nous départager, de nous en tenir au droit, au seul droit, donc on parle de "salariés" désormais... C'est le seul terme dans le code du travail défini juridiquement, tenons nous en là...
‑ Bien, mais c'est dommage, j'utilise "collaborateur" parce que c'est valorisant...
‑ C'est vous qui le dites ! Vous ne vous demandez pas pourquoi on n'a pas mis le mot "collaborateur" en 1945 - 46 dans le code du travail ?
‑ C'est une question de génération.. On n'a pas le même sens pour le même mot…
‑ C'est certain. "Collaborateur", est marqué d'infamie. On n'a donc pas la même approche. Allez, on arrête, n'en parlons plus, mais encore une fois, soyez correcte : appelez vos salariés des salariés... »
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