j’ai fait étape à Bure.

Bure, petit village du Sud Meusien qui, s’il ne connaît pas encore l’animation de Notre Dame des Landes, devrait faire parler de lui dans les mois qui viennent.

Bure, annexe de La Hague en Lorraine ?

Ah ! Déjà, La Hague, ça parle davantage ! La Hague, centre de traitement de nos déchets radioactifs qui attendent patiemment un lieu où il sera permis de…  les oublier ! C’est à la commune de Bure qu’il appartient de fournir à l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs) le réceptacle de nos errements d’apprentis sorciers.

En 2017 l’ANDRA doit présenter une demande d’autorisation de création de CIGEO (Centre Industriel de stockage GÉOlogique) sur le site de Bure. Une enquête d’utilité publique est prévue en 2018. Pourtant, lorsqu’on se rend à Bure et sur les communes environnantes, l’ANDRA est installée en pays conquis !

En matière de nucléaire n’oublions pas AREVA (Le nom Areva n'est pas un sigle, il est inspiré par le nom d'une abbaye cistercienne à Arévalo, en Espagne, à l'image de laquelle l’industrie nucléaire française allierait la rigueur et la symétrie de l’architecture!).

Areva a été retenu en 2007 au sein du consortium chargé par le Département de l’Énergie des États-Unis (DOE) de la gestion et de l’exploitation du site de stockage WIPP, au Nouveau-Mexique. WIPP, c’est un centre pilote, un Bure miniature en quelque sorte.

Le 14 février 2014, un ou plusieurs des 258 colis de déchets enfouis à WIPP sont la source des rejets radioactifs et chimiques : la radioactivité a parcouru 900 m de tunnels et une distance d’au moins 2,4 km comprise entre la zone des rejets et la station de surveillance de l’air en surface mise en alerte. De l’américium 241, du plutonium 239 et 240 sont retrouvés dans des filtres. 21 employés du WIPP sont informés qu’ils ont été testés positifs à une contamination radiologique interne, principalement à l’américium 241. Une grande inquiétude saisit les riverains qui déplorent le manque d’informations claires et exactes. À savoir que la détection des poussières aériennes de plutonium et d’américium est complexe, longue et coûteuse. La ville proche, Carlsbad, exige des explications, la presse du Nouveau-Mexique est alarmante... (Sortir du Nucléaire, juillet 2014)

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En matière de nucléaire, les citoyens du monde sont servis... Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima, autant de réalités bien concrètes de ce que peut amener comme malheur un accident, un dysfonctionnement dans une centrale. Autant de visions apocalyptiques de ce qui nous attend tous un jour ou l'autre, "en mieux"... Un être humain normalement constitué dit "STOP" face au risque bien réel d'une catastrophe atomique menaçant la survie de l'humanité. Mais un être humain normalement constitué n'attend pas des retombées financières sur les dividendes que lui ramènent ses placements dans l'industrie nucléaire et, manifestement, les êtres humains de la filière nucléaire font passer l'argent avant la vie de leurs semblables.

Les centrales sont de véritables bombes nucléaires en surface. L'ANDRA nous amène le chaos sous terre en y enfouissant les saloperies radioactives produites en surface. Des saloperies efficientes pendant des centaines de milliers d'années pour certaines. Des saloperies prêtes à répandre calamité et malédiction sur la surface de la Terre à tout moment, à la façon d'un diablotin qui sort de sa boîte. Mais bon, si le moment a lieu dans 1000 ans, hein...

Les générations futures ont de quoi se faire du mourron.

Pour l'heure, si l'envie vous prend d'aller humer l'odeur des mirabelliers en fleurs ce printemps en Lorraine, allez donc rendre visite à "La Maison de la Résistance à la poubelle nucléaire de Bure" où une poignée d'actifs militants de BZL (Bure Zone Libre) vous expliqueront en quoi ce délire nucléaire est aussi votre affaire...

BURE Stop! en ligne